Dominique façonne un monde à l’écart du tumulte, quelque part entre la clarté du jour et celle que l’on porte en soi.
Dans son atelier, les feuilles de papier aquarelle s’empilent, les cahiers à croquis s’ouvrent comme des jardins, les tubes de peinture côtoient des phrases griffonnées et des exercices de couleur. Des pinceaux attendent. Sur un chevalet, les mots de son père – éclats de mémoire. Par les fenêtres, le ressac, les Îlets, le ciel, un bateau immobile, ancré. Rien n’étonne. Tout semble à sa place. Le calme circule, comme l’eau entre les roches du littoral.
Un atelier habité par la lumière et la mémoire
Ce n’est pas tant qu’elle peint le Bas-Saint-Laurent. C’est qu’il lui échappe à peine. Il remonte malgré elle, par la lumière d’un ciel ouvert, par la ligne bleutée des montagnes de l’autre rive.
« Le paysage finit toujours par émerger, peu importe ce que je dessine. »
Pas une fidélité. Plutôt une force d’attraction, souterraine, irrésistible. Dominique, c’est ce moment suspendu, juste après l’éclat, quand tout devient doux. Elle ne peint pas pour expliquer. Elle peint pour écouter.
« La lumière. Le ciel. Le fleuve. C’est là d’où je viens. »
Même ailleurs, c’est ce rivage qui revient. Elle ne cherche pas à représenter la région des Basques. Elle la traverse, elle la respire.
« C’est imprimé. Indélébile. Même à distance, je dessine ce territoire-là. »
Ce territoire, loin d’être un décor, circule dans sa main.
Une enfance bercée par l’art et le dessin
Derrière chaque trait, chaque esquisse, chaque ligne tracée par Dominique, il y a une enfance portée par le dessin. Fille de Claude Dumont (1931–2021), peintre à la renommée internationale et profondément ancré dans le paysage artistique du Bas-Saint-Laurent, Dominique a grandi dans un univers baigné d’art. Ses dessins prennent vie dans les marges des cahiers d’école, sur les coins de table. Là où le trait explore avant de s’affirmer. Là où il n’y a pas encore de règles. Seulement des élans.
Le crissement du graphite, les ombres, les contours faisaient partie de son quotidien. Le dessin n’était pas un loisir. C’était sa première langue. Une manière de saisir le monde, de l’approcher, de dire ce qui ne trouvait pas sa place dans les mots.
« Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours dessiné. »
Petite, elle gagne des prix, se distingue. Mais pour elle, dessiner, peindre, créer, c’était bien plus qu’un talent :
« C’était mon moyen de m’exprimer ».
Il y a dans ses mots une retenue. Une pudeur. Elle crée, oui. Mais surtout, elle cherche. Chaque geste, chaque couleur appliquée est une question posée au monde – ou à elle-même.
Aujourd’hui, que ce soit à l’huile, à l’acrylique, au feutre, à l’aquarelle ou au stylet sur tablette tactile, elle continue de faire parler les couleurs. Pour retrouver ce moment où le geste trouve sa justesse intérieure.
La démarche artistique de Dominique Dumont
Dominique croit au pouvoir apaisant de l’art. Pour elle, dessiner est une forme de thérapie – d’abord pour elle, mais aussi pour celles et ceux qui regardent.
« Apporter de la paix au cœur des gens. »
Un objectif humble, mais essentiel. Elle ne l’invoque pas comme un concept, mais comme une expérience à vivre :
« La paix au cœur des gens peut même mener à la paix sur Terre ».
Elle parle d’art comme d’un baume, d’un appui intérieur, d’une respiration. Une image posée dans une maison, et quelque chose se replace, doucement, en dedans. Une soupape. Un refuge.
Ce qu’elle espère offrir à travers ses œuvres?
« De la joie, de l’apaisement… Mais aussi que ça fasse pénétrer les personnes au fond d’elles-mêmes. Que ça les fasse voir les choses de l’intérieur, pas juste de l’extérieur. »
Elle le dit sans hésiter, avec cette humilité tranquille qu’on reconnaît chez ceux qui donnent sans faire de bruit. Dominique ne parle jamais fort. Mais ce qu’elle fait reste.
Comme une lumière orangée en fin d’après-midi. Une présence feutrée, une compagne. Car une œuvre de Dominique, c’est un rivage habité. Une paix en bouquet, un souffle d’humanité.
Merci, Dominique, de m’avoir ouvert les portes de ta maison, de ton atelier, de tes gestes. Merci pour les conversations partagées, les silences habités, les pages tournées ensemble. Merci de m’avoir montré tes aquarelles, tes peintures, tes dessins – et ceux de ton père aussi, si présents dans cette maison où l’atelier ne s’est jamais éteint. Merci pour cette lumière qui circule, de pièce en pièce, glissant sur les murs de schiste, les meubles faits main et la céramique d’un autre temps. Merci pour la mémoire transmise, la filiation, la beauté de la continuité. Chez toi, l’art résonne et veille.
Coordonnées
Pour découvrir ses œuvres et les ressentir pleinement, vous pouvez entrer en contact avec Dominique Dumont sur Facebook via Messenger : Dominique Dumont ou la suivre sur Instagram : @domdum
Un aperçu de son savoir-faire : aquarelles, peintures à l’acrylique et à l’huile, croquis inspirés du fleuve et des paysages du Bas-Saint-Laurent, illustrations numériques
- Illustration côtière stylisée aux tons chauds
- Aquarelle d’un bouquet floral aux couleurs vives et contrastées
- Paysage numérique illustrant un coucher de soleil
- Dessin réalisé à l’encre, représentant des pivoines
- Peinture à l’huile représentant un paysage côtier hivernal

